Dans le secteur de l’acquisition de données, il est fréquent de devoir combiner plusieurs techniques pour répondre à un même objectif. Cette pluridisciplinarité est la clé de la réussite de nombreuses missions de topographie. Pour illustrer ce principe, nous prenons l’exemple d’une intervention réalisée pour le compte du Conservatoire d’Espaces Naturels des Hauts-de-France, sur le marais de Glisy, en Picardie.
Mise en situation : le relevé topographique du marais de Glisy
En décembre 2020, nous sommes intervenus dans la Somme pour réaliser le relevé du marais de Glisy, en périphérie d’Amiens. L’objectif était de capter l’ensemble des données topographiques du terrain afin d’accompagner la réhabilitation des zones marécageuses. Ce relevé se décomposait en trois volets distincts : relevé visible de l’environnement, relevé de la topographie sous couvert végétal, relevé subaquatique.
Une mission techniquement exigeante, qui associe trois expertises rigoureuses pour un résultat homogène. Le Conservatoire d’Espaces Naturels des Hauts-de-France a fait appel à Air Scanner car nous réunissons les compétences et le matériel nécessaires pour mener à bien cette mission : lidar, bathymétrie et photogrammétrie.
Le relevé topographique par drone

La captation de la topographie visible du terrain repose sur différents moyens, notamment la photogrammétrie et le lidar embarqués sur drone.
La photogrammétrie consiste à relever un sujet par recouvrement de photographies successives, géoréférencées grâce au RTK intégré à notre drone. Les données sont ensuite post-traitées pour produire un nuage de points 3D géoréférencé, avec une précision centimétrique, à partir des photographies et des points d’appui (GCP) relevés au GNSS RTK. Ce nuage de points sert de base à l’ensemble de nos livrables, notamment l’orthophoto, qui restitue le terrain avec une résolution permettant d’en observer tous les détails tout en corrigeant les déformations optiques du drone.
Le lidar aéroporté émet des millions de points par seconde et restitue un nuage de points fidèle à la réalité, sur plusieurs niveaux jusqu’au terrain. Géoréférencé grâce à une base GNSS au sol puis validé en post-traitement, il offre un rendu moins visuel que la photogrammétrie, mais reste incontournable pour le calcul de la topographie, des points altimétriques et du modèle numérique de terrain (MNT).
Sur ce projet, la photogrammétrie a permis de produire l’orthophoto du terrain, tandis que le lidar a permis de relever les points topographiques et d’accéder aux données situées sous le couvert végétal.
Le relevé de la topographie sous couvert végétal

Cette étape mobilise pleinement le lidar. Grâce à sa technologie multi-échos, le faisceau laser traverse le couvert végétal et permet de collecter les informations topographiques jusqu’au sol. Les données sont ensuite classifiées pour produire des plans topographiques couvrant tous les niveaux du terrain. Associée à la photogrammétrie, cette approche constitue la combinaison la plus adaptée à ce type de configuration de surface.
Le relevé subaquatique par bathymétrie
Après le relevé de surface, la partie immergée du terrain a été traitée par bathymétrie. Cette technique consiste à relever les fonds aquatiques à l’aide d’un bateau équipé d’un écho-sondeur, qui émet des ondes sonores sous l’eau et mesure le temps nécessaire pour atteindre le fond sédimentaire puis revenir au capteur. Cette opération est répétée sur l’ensemble des zones immergées. Les données sont ensuite post-traitées en tenant compte de paramètres comme la célérité de l’eau, puis affinées par le traitement minutieux des échogrammes pour produire un nuage de points 3D du fond de l’eau.
Ce nuage de points sert de base au calcul de plusieurs livrables : courbes isobathes, modèle numérique de terrain, cartographie des profondeurs ou semis de points altimétriques du fond des marais.

Sur le marais de Glisy, ces données ont permis aux équipes du Conservatoire d’Espaces Naturels des Hauts-de-France d’étudier le site sous un nouvel angle et de prendre des décisions opérationnelles pour la gestion de l’hydrologie du marais.
Trois techniques complémentaires pour un rendu optimal
La synergie de ces trois techniques a permis de restituer un livrable précis, conforme aux attentes du client. La force d’Air Scanner réside dans une expérience de terrain qui permet d’aborder chaque sujet sous l’angle le plus pertinent.
Une fois le traitement finalisé, nous avons restitué l’orthophoto du terrain, les courbes de niveau, l’état du drainage des eaux pluviales et le modèle numérique de terrain. Ensemble, ces livrables constituent les différentes couches d’un plan topographique complet.
Cette mission aux côtés du Conservatoire d’Espaces Naturels des Hauts-de-France s’est prolongée par d’autres projets d’envergure, notamment l’identification d’anciens axes de drainage dans la vallée d’Acon, à la Chaussée-Tirancourt, à proximité d’Amiens.



