
Notre façon de cartographier les fonds aquatiques vient de changer. Comme la quasi-totalité des opérateurs du secteur, nous avons longtemps réalisé nos relevés bathymétriques au drone bateau.
Depuis cette année, l’investissement dans un capteur aérien nous permet désormais de travailler autrement : nous suspendons un échosondeur sous un drone aérien, immergé depuis les airs, sans nécessité d’accéder aux berges. Pour de nombreuses raisons, cette nouvelle approche devient notre méthode privilégiée pour toutes nos missions de bathymétrie.
Du drone bateau au drone aérien : ce que la bascule change
Le drone bateau reste l’approche standard sur le marché. Une coque autonome embarque un échosondeur, suit un plan de navigation programmé à la surface du plan d’eau, et l’opérateur supervise depuis la berge la plus proche. C’est éprouvé, et c’est ce que nous avons fait pendant des années.
Le drone aérien repose sur un principe différent. L’échosondeur est suspendu sous un drone multirotor par un câble, seule la sonde est immergée pendant que l’appareil vole au-dessus de la surface, et le télépilote travaille depuis un point fixe sur la rive sans jamais s’approcher de l’eau. Le plan de vol est entièrement programmé, donc reproductible à l’identique d’une mission à l’autre.

Ce qui ressemble à un détail technique a en réalité des conséquences très concrètes sur les chantiers.
Sur la sécurité des équipes d’abord. Nos télépilotes ne mettent plus le pied sur des berges instables, ne manipulent plus d’équipement à proximité immédiate de l’eau, et ne sont plus exposés aux contaminations possibles de certains plans d’eau (carrières en activité, bassins industriels, ouvrages situés en zones polluées). C’est un changement majeur dans nos conditions d’intervention.

L’accès aux sites change aussi de nature. Beaucoup de plans d’eau sont en pratique compliqués pour un drone aquatique : profondeurs faibles où une coque ne passe pas, végétation dense en bordure qui empêche la circulation, berges abruptes ou aménagées sans point de mise à l’eau. Un drone aérien franchit ces obstacles bien plus aisément, ce qui ouvre l’accès à des sites que nous aurions laissés de côté ou traités partiellement avec une approche bateau.
Reste la qualité des données acquises, qui est sans doute l’argument le plus important pour les bureaux d’études et les gestionnaires d’ouvrages. Une coque en surface, subit le clapot, le courant et les vibrations du moteur, et tout cela se retrouve dans le signal acoustique. En suspendant la sonde sous la surface depuis les airs, nous l’isolons de ces perturbations et nous captons une donnée plus propre. Avec un plan de vol entièrement programmé, nous pouvons aussi refaire deux fois la même mission à plusieurs mois ou plusieurs années d’écart, sur exactement la même grille de points. Pour le suivi d’envasement ou la surveillance d’ouvrages, ce sont des comparaisons fiables que peu de méthodes peuvent garantir.
Une donnée plus riche grâce à la bi-fréquence
Notre échosondeur (un Echologger ECT D052S) émet sur deux fréquences en même temps, à 200 kHz d’un côté et 30 ou 50 kHz de l’autre. La haute fréquence rebondit sur la couche de sédiments sans la pénétrer, tandis que la basse fréquence la traverse et atteint le terrain dur en dessous. Une seule intervention produit donc deux modèles : la topographie du dépôt sédimentaire et celle du fond naturel sous-jacent.

L’intérêt n’est pas qu’académique. Quand un client nous appelle pour un projet de dragage, un curage ou un désenvasement, sa vraie question n’est pas tellement “quelle est la profondeur de mon plan d’eau”. C’est “combien de mètres cubes de sédiments faut-il que je retire, et où exactement”. L’écart entre les deux modèles donne directement l’épaisseur de sédiments en chaque point relevé, et donc le volume total à mobiliser. Les exploitants de carrières immergées, les gestionnaires de bassins de rétention et les maîtres d’ouvrage de chantiers hydrauliques travaillent avec cette donnée précise, plutôt qu’avec une bathymétrie classique qui ne donne qu’une seule surface.

Une expertise élargie, pas substituée
Le drone bateau reste dans notre catalogue. Il y a quelques configurations rares où il peut compléter utilement un relevé aérien, et nous tenons à conserver cette double maîtrise. Mais pour la grande majorité des projets de cartographie bathymétrique, c’est désormais le drone aérien qui prend le relais.
Air Scanner est basée à Villeneuve d’Ascq et intervient dans les Hauts-de-France et dans le reste de la France. Pour discuter d’un projet de relevé bathymétrique, d’une estimation de volume sédimentaire ou d’une mission de suivi d’ouvrage, contactez-nous, nous reviendrons vers vous en moins de 48h.


